DrapeauLE MAROC

Maroc, Royaume Uni du Maroc. Nom tiré de la prononciation espagnole et portugaise de Marrakech, ancienne capitale de trois dynasties et qui lui-même signifie en berbère « terre de Dieu » ou « terre sacrée ». D’un point de vue politique, il s’agit d’une monarchie constitutionnelle, avec à sa tête le roi Mohammed VI, de la dynastie alaouite, et le chef du gouvernement Abdel-Ilah Benkiran.

Près de 34 millions d’habitants, en majorité Berbères ou « Amazigh », qui signifie l’« homme libre », sont répartis sur un territoire aux 2/3 montagneux. Le climat varie avec la géographie : climat méditerranéen sur le littoral, des hivers rigoureux avec d’abondantes précipitations, y compris de neige en altitude, et un climat désertique sec au sud du pays.

Depuis une dizaine d’années, la société et l’économie marocaines bénéficient de l’essor touristique (compagnies low cost, projets touristiques gouvernementaux), ainsi que d’une politique moins répressive. Une société sur la voie de la modernisation, mais solidement basée sur son histoire et sa culture, religieuse notamment, pour mieux se construire. A l’image de ses écoles coraniques et ses mosquées séculaires. Son mode de vie traditionnel, aussi bien en ville que dans les zones rurales montre l’importance croissante du Mouvement Culturel Amazigh, luttant pour la reconnaissance de l’« Amazighité » (origine, langue, droits).

DSCF3683LA VALLEE DU DADES

L’oued Dadès est une rivière longue de près de 200km, prenant source dans le Haut Atlas et s’écoulant jusqu’à Ouarzazate. Dans sa partie montagneuse, elle s’écoule le long d’une vallée de 60km, où se succèdent quatre séries de gorges et de défilés, profonds de 200 à 500m entre M’semrir (2079m) et Boumalne-Dadès, dans la plaine.

Les premiers habitants, Berbères, se sont installés dans la vallée dans les années 1850. Ces populations, initialement nomades et pastorales, se sont peu à peu, et partiellement, sédentarisées. En effet, si une dizaine de villages abritent aujourd’hui env. 4000 habitants, une partie de la population est restée nomade et vit, avec ses troupeaux, dans des abris creusés à même la roche des montagnes environnantes et se déplace encore, au gré des saisons, du Haut Atlas en été, vers le désert en hiver.

C’est donc dans cette vallée isolée, que nous avons choisi de partir à la rencontre des villageois et de quelques communautés nomades vivant à l’écart dans la montagne.

 

DSCF3737INFRASTRUCTURES ET ORGANISATION SANITAIRE DE LA VALLEE

De par sa situation géographique reculée, la vallée du Dadès est confrontée à de nombreuses problématiques sanitaires. Le relief montagneux et l’éloignement des structures hospitalières (l’hôpital le plus proche se situe à Boumalne-Dadès, à 50km) rendent l’accès aux soins difficile pour les populations locales et l’offre reste limitée, parfois même peu adaptée aux besoins réels. En effet, l’approvisionnement en médicaments et matériel de soins n’a lieu que tous les trois mois. Par ailleurs, chacun des trois dispensaires de la vallée est géré par une infirmière seule, qui effectue chaque jour les consultations et les soins urgents, en parallèle du suivi des patients atteints de pathologies chroniques (diabète, hypertension, arthropathies, …), du suivi de grossesse, du planning familial et du programme de vaccination pour les enfants jusqu’à l’âge de 5 ans et les femmes enceintes.

Cependant, grâce au soutien de l’Etat, tous ces soins, consultations et traitements sont fournis gratuitement à ces populations isolées, aux moyens limités, et par conséquent fragiles.


DSCF3581PROBLEMATIQUES SANITAIRES

Au vu de l’absence de chiffres officiels, il nous est difficile d’appréhender de façon certaine les problématiques sanitaires de la vallée. Nous avons cependant pu nous rendre dans la vallée en septembre 2015 afin d’effectuer une première mission d’évaluation sanitaire. Ainsi, selon les sources locales – soignants, personnel de gouvernement, habitants – la longévité et la qualité de vie semblent globalement satisfaisantes. Les pathologies aiguës et chroniques sont variées et en grande partie similaires aux problèmes de santé publique rencontrés dans nos régions : diabète, hypertension, maladies sexuellement transmissibles, etc. pour lesquelles la prise en charge, bien que précaire et avec des moyens très limités, est effectuée par les infirmières des dispensaires.

Un problème majeur que nous avons pu identifier, semble être le suivi des grossesses, et en particulier le dépistage des grossesses à risque. Un suivi est effectué par les infirmières, sans formation spécifique, en parallèle de celui des « accoucheuses » traditionnelles. Si au dispensaire, les femmes sont sensibilisées et encouragées à se rendre à l’hôpital pour l’accouchement, elles sont encore peu à le faire, pour des raisons pratiques ou économiques le plus souvent, et préfèrent accoucher chez elles, prenant ainsi des risques non négligeables pour la mère et le nouveau-né, au moment de l’accouchement, mais aussi au cours des premiers jours de vie.

Les nomades représentent également une population particulièrement à risque. Il ne bénéficient en effet d’aucun suivi médical régulier et ne consultent les dispensaires qu’en cas d’urgence, et au prix d’au moins une journée de marche ou à dos de mulet.